REFLECTIONS
REFLECTIONS

Installation sonore

Le Bon Accueil, Rennes Fr, dans le cadre de l’exposition "Babylone électrifiée #2"

Reflections, 2015

Haut-parleur directionnel, système rotatif, miroirs.

L’installation Reflections place le visiteur au centre d’une série de miroirs et lui fait entendre le son de voix sibyllines qui se déplacent par rebonds. Ce jeu de reflets alliant le son à l’image rappelle le dispositif imaginé par Orfanik dans Le Château des Carpathes. Au moyen de l’illusion, celui-ci prolonge les derniers instants de la cantatrice Stilla à l’aide d’une lanterne magique la faisant apparaître sous forme spectrale et dont la voix désincarnée est rejouée à l’infini par le phonographe qui recueillit son dernier souffle sur scène. Plus généralement, la pièce s’inscrit dans l’imaginaire développé autour de la voix des morts, le néo-spiritisme des Electronic Voice Phenomena (EVP ) et dans une certaine tradition incantatoire de la poésie sonore.

"La série d’expositions Babylone électrifiée s’inspire librement du roman d’Albert Bleunard, La Babylone électrique, publié en 1888, pour explorer la fascination exercée par l’électricité au 19ème siècle et le développement des télécommunications. Babylone électrifiée #2 continue d’explorer les ruines de cette Babylone utopique nourrie d’électricité imaginée par Albert Bleunard. Le premier volet, placé sous le signe de la tour de Babel, invitait les visiteurs à découvrir les ruines titanesques des mystérieux miroirs acoustiques et la manière dont les ondes radio permirent de réduire à néant les distances. Prenant un tour plus ésotérique, ce deuxième volet, s’appuyant également sur le roman de Jules Verne, Le Château des Carpathes, propose de découvrir deux œuvres (dont une inédite) de l’artiste Cécile Babiole. Les deux œuvres de Cécile Babiole Bzzz ! le le son de l’électricité et Reflections nous laissent imaginer ce que les arts auraient pu être dans cette Babylone rêvée. Elles font d’ailleurs largement écho à la naissance des œuvres multimédias nous ramenant à l’époque des fantasmagories d’Etienne Robertson (1763-1837) conjuguant univers fantastiques et sciences. En effet, grâce aux nombreux progrès scientifiques et techniques réalisés au cours du 18ème siècle, tant en optique que dans la construction de machineries, les arts du spectacle disposèrent de moyens de plus en plus raffinés pour faire apparaître revenants et autres créatures imaginaires devant les yeux ébahis des spectateurs."

Damien Simon, commissaire de l’exposition